Le projet de Loi de Modernisation de l’Economie (LME), présenté en Conseil des Ministres le 28 Avril 2008 par Madame Christine LAGARDE, Ministre de l’Economie, prétend faire baisser les prix en encourageant la concurrence. Elle intervient quelques mois seulement après la loi Chatel qui poursuivait le même objectif idéologique.
En réalité, « on est en train d’amuser les Français en laissant croire qu’une loi sur la concurrence permettrait de faire baisser les prix de 2 % ou 3 % » alors qu’ »on s’aperçoit que la loi Chatel n’a eu aucun impact », « Avant de parler de nouvelles mesures, il faudrait savoir où on en est d’une loi votée il y a à peine six mois et qui devait avoir des effets sur les prix » (Stéphane LE FOLL, Député Européen PSE).
Quant aux représentants des producteurs et des PME, ils affichent leurs inquiétudes. Pour Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), c’est «véritablement une aberration de dire que la LME va avoir un effet sur la baisse des prix. Aujourd’hui, si les distributeurs veulent les baisser, ils peuvent le faire sans cette loi», a-t-il dit sur France Inter. Il a par ailleurs mis en garde contre les conséquences néfastes pour les PME. «Les marges sont déjà très serrées. Une pression supplémentaire sur ces entreprises va augmenter les faillites», a-t-il estimé, chiffrant les emplois menacés à plusieurs milliers.
La piste aujourd’hui développée par Nicolas Sarkozy pour assouplir la loi sur l’urbanisme commercial (loi Raffarin) et faciliter la création de magasins de moins de 1000 M2 n’est qu’une première étape. Elle profitera prioritairement aux hard discounter. Mais en aucun cas, la multiplication de ces enseignes à prix cassés ne constitue la réponse attendue par les Français pour répondre à leurs préoccupations sur le pouvoir d’achat.
Illustration imédiate de cette politique sur notre territoire, à Montsoult, une enquête publique se déroule jusqu’au 28 Mai 2008 pour la création d’un ensemble commercial de 23792 M2, comportant 18 magasins spécialisés dans des activités de bricolage, jardinage, animalerie ainsi que diverses enseignes qui relèvent pour la plupart du hard discount (Brico Dépôt, Garden Price, Electro Dépôt…). Ce projet peut paraître étonnant alors qu’existent déjà à proximité de nombreux commerces éparpillés le long de la Nationale, dont Leroy Merlin à Montsoult et Truffaut à Baillet-En-France.
Il n’est pas si étonnant que cela. Le secteur du commerce est dominé par les grands groupes et leurs centrales d’achats, au travers de participations croisées. C’est le cas pour Leroy Merlin, Truffaut, Castorama et leurs filiales (Brico Dépôt et autres enseignes de hard discount compris). Nous assistons sans cesse à de nouvelles concentrations, il existe un monopole de fait. Les prix des produits les plus consommés sont fixés en accord entre les grands groupes industriels et la grande distribution. Ils sont identiques dans toutes les enseignes. La grande distribution est devenue une activité financière. L’argent versé par le consommateur est rapidement encaissé, le fournisseur est payé à 90 voir 120 jours plus tard. Les excédents de fonds de roulement sont placés sur le marché financier. Il n’y a pas de véritable concurrence mais une domination des plus puissants. Ce ne sont donc pas les hauts dirigeants de ces grands groupes qui ont le plus à perdre et ils ne se plaindront pas de la proximité de leurs enseignes.
Le développement de la concurrence vise surtout à remettre en cause les garanties sociales des salariés qui en seront les premières victimes. Ceux de la grande distribution subiront une pression accrue sur les salaires et une dégradation des conditions de travail et de vie. La généralisation annoncée du travail du dimanche va s’accompagner de l’amplitude d’ouverture et d’une accentuation dans la précarité.
POUR UNE ECONOMIE SOCIALE ET ECOLOGIQUE DE MARCHE : LES SOCIALISTES DE VOTRE VILLE ET DE VOTRE CANTON S’ENGAGENT
en apportant leur soutien aux associations engagées pour s’opposer au projet de zone commerciale Hard Discount sur la friche DUMEZ à Montsoult, et en appuyant la proposition d’y réaliser un EcoQuartier (cliquez ici pour accéder à la description du projet alternatif présenté par l’association DPEB Projet Alternatif DUMEZ)
En demandant une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité pour lutter contre la hausse des prix et «une évaluation» de la loi Chatel de 2007 avant la nouvelle loi de modernisation de l’économie,
En réclamant du gouvernement qu’il s’attelle sérieusement à la question du pouvoir d’achat et qu’il revienne sur tout ou partie du paquet fiscal, ou plutôt du « boulet fiscal » (15 Milliards) pour regagner des marges de manoeuvre.
Clicquez ci-après pour accéder à l’article du blog PS CANTON DE VIARMES du 1er Avril 2007 (« Le projet de zone commerciale à Montsoult soulève un vent de protestations qui pourrait tourner en véritable tempête : STOP AU PROJET / OUI A UNE REFLEXION ALTERNATIVE« )